Dent de Savigny

En ce magnifique mois d’août me voilà de nouveau avec des fourmis dans le sac. Il fait beau et je dois trouver une sortie qui me permettent d’atteindre le sommet. Je suis resté un peu sur ma faim après la Pointe de Paray. Aussi j’étudie soigneusement les topos afin d’être sûr de mon coup ! Quelques belles photos ont attiré mon attention mais je trouve la balade un peu courte. Je cherche encore et je trouve un autre itinéraire, trop court lui aussi mais il pourrait parfaitement se combiner pour faire une belle boucle. C’est décidé, la Dent de Savigny sera dans ma collection ce soir, direction le parking du Gros Mont. Arriver jusque-là est déjà une épreuve tant la route est sinueuse mais bientôt je suis sur le sentier qui monte au dessus de la Féguelena. C’est un chemin agréable qui traverse les pâturages et ensuite le sous-bois. Le paysage est magnifique. Le plateau marécageux bifurque vers le Vallon des Morteys et même si le Vanil Noir se cache dans les nuages on aperçoit la Dent de Brenleire et la Dent des Bimis qui donnent une idée de la beauté du lieu.

Gros Mont et son décor de légende

Je continue ma progression pour déboucher à l’alpage de la Gueyre. Le chalet est posé sur un large col d’où on peut contempler la quasi totalité de la chaîne des Gastlosen. La vue y est époustouflante. En ce début de matinée le soleil qui se lève derrière ajoute encore au spectacle. J’en perds presque la route en repartant mais mon GPS me remet sur le bon chemin. Une petite traversée à flanc de colline me mène aux ruines de Fregima Devant. Le troupeau qui occupe les lieux a tracé un sentier qui semble conduire au petit col qui marque le début des choses sérieuses. Je le suis sans chercher à vérifier mon topo. Le terrain est facile à lire et une erreur de parcours paraît difficile. Le sentier à vaches me permet de ne pas redescendre dans la zone marécageuse que traverse la trace que j’avais préparée sur SwissMobile. En plus de garder les pieds secs, j’économiserai mes jambes !

Ambiance de l’alpage

Arrivé au col j’observe la suite du parcours qui semble beaucoup plus engagée. Après avoir traversé un petit éboulis, la trace se perd dans les rochers et il faudra sans doute l’aide des mains pour progresser. Le souvenir de la Pointe de Paray revient furtivement mais je ne veux pas me laisser perturber. Je franchis rapidement le pierrier et je range mes bâtons. Malgré le beau temps le calcaire est humide et glissant. Je progresse en assurant consciencieusement mes prises et en posant mes semelles sur des appuis solides. Malgré leurs efforts les zig zag masquent à peine le dénivelé et il ne vaut mieux pas trop regarder en bas. L’épaule rocheuse qui barre le passage est beaucoup plus haute qu’il n’y parait et je suis content d’avoir prévu une boucle qui me fera redescendre par un autre chemin.

C’est au pied du mur…

Je progresse tranquillement, sûr de mon objectif et j’atteins le pied de la Dent. Calmé, le sentier longe le rocher qui forme un mur parfaitement vertical. Le paysage est un inventaire des sommets les plus fameux du canton de Fribourg, on peut voir de la Hochmatt jusqu’au Vanil Noir en passant les Dents de Brenleire et Folliéran. Aujourd’hui les nuages jouent autour du plus haut d’entre eux en n’empêchant de voir L’Écri et la pointe de Paray. Je continue vers la porte de Savigny pour profiter un moment de cette vue en grignotant quelques noisettes. Le terrain est toujours gras et je considère la question de continuer vers le sommet ou de partir directement en direction des Pucelles. J’aimerais vraiment ajouter une croix à ma collection d’autant que celle de la Dent de Savigny est assez esthétique. Je croque un dernier fruit sec et je passe le col. Direction la cime !

Doigt de Savigny

La traversée sous la face Sud-est de la Dent de Savigny se déroule dans une pente herbeuse assez prononcée. Heureusement le sentier est bien marqué sans quoi le passage serait un peu acrobatique. J’arrive au pied de la cheminée finale qui présente une difficulté encore supérieure. Aucune aide, aucun câble pour rassurer un minimum. Le sommet se mérite et finalement il est peut-être préférable de ne pas en faciliter l’accès. Je commence l’ascension en me disant que je peux faire demi tour quand je veux. Chaque passage un peu plus délicat me fait poser la question de la descente. Néanmoins je continue, bien décidé à rejoindre la croix. Le conduit de calcaire débouche dans un petit « replat » herbeux qui laisse le temps de prendre quelques secondes de repos avant un passage particulièrement exposé contournant un bloc de rocher. Je m’accroche à la paroi et je me lance quand j’aperçois un groupe de personnes devant moi, tranquillement posé autour de la croix ! Les chanceux, ils sont arrivés en premier. Malheureusement la place est comptée au sommet. Je ne suis pas forcément très à l’aise d’être dans la foule sur un tel éperon rocheux. Je reste accroché à mon bloc quelques instants puis je fais quelques mètres en arrière pour attendre quelques minutes. Ils vont peut-être redescendre. Je réalise que le temps s’est un peu couvert et que l’heure défile beaucoup plus vite lorsque la progression est difficile. Je pensais arriver en haut plus tôt. Il n’est que midi mais tout de même. Je regarde le reste de la boucle que j’ai prévue. Je vois au loin le petit col par lequel je veux descendre. Il est au pied de la Corne Aubert et paraît soudain bien loin d’autant que je dois redescendre à la verticale presque jusqu’au Savigny. Je patiente encore un peu mais point de mouvement du côté de la croix. Je vais passer à côté d’une magnifique pièce de ma collection !!! C’est décidé j’entame le trajet retour. J’ai presque attendu 30 minutes et le ciel est désormais vraiment chargé.

Presque au sommet !

Je commence donc mon retour en cherchant la meilleure trajectoire qui me permettrait de rejoindre la courbe de niveau me menant au col sans effort inutile. La ligne droite n’est pas envisageable car je ne peux pas traverser les plaques rocheuses qui constituent le support de la Dent. Je dois donc attaquer « pleine pente » en direction de l’alpage. Il n’est plus question de sentier ni même de trace. Je navigue à vue entre les éboulis, les herbes hautes et les strates de roches lisses et glissantes. Je me compose un itinéraire dans un dévers vertigineux. Pour le moment je suis obligé de partir au Nord-est, soit dans la direction opposée au col. Cela me permet de contourner une zone caillouteuse qui ne m’inspire pas confiance. Une fois passée cette difficulté je repars dans la bonne direction. La pente est raide et c’est pénible pour les chevilles. Je suis obligé de faire attention à chaque pas car sous les herbes se cachent des blocs sur lesquels il vaut mieux ne pas s’appuyer. Je progresse doucement mais je perds quand même un peu d’altitude ce qui me permet d’envisager la suite du tracé de façon plus sereine même si le terrain n’est pas plus facile. Je n’ai plus la visibilité des obstacles entre le col est moi. Je dois faire confiance à ma carte qui m’indique une barre de rocher infranchissable. Je dois descendre encore un peu. Je repère une clôture en contrebas. En la longeant je suivrais une trajectoire correcte. Je traverse donc des herbes de plus en plus haute et j’arrive au niveau du parc à vaches. Je marche en essayant de trouver l’endroit le plus propice à son franchissement car je vois au loin les piquets remonter dans un pierrier et je ne compte pas faire pareil ! J’ai encore mon gros sac Millet et je préférerais passer par dessus que de risquer de me coincer en passant dessous. Je distingue un peu plus loin un gros rocher qui me pourrait me servir de marche. Je m’approche en oubliant de rester vigilant sur mes semelles. En deux secondes je perds l’équilibre et glisse sur les herbes humides. Le temps de me rétablir, j’ai franchi la clôture ! Je pars vers le col en riant de moi-même. Le reste du parcours sera infiniment plus reposant. Le passage par Pertet à Bovets est une bonne alternative mais c’est très long. J’ai à peine fait là moitié du trajet.

Le retour, c’est par là…

Je passe par la zone marécageuse qui permet de revenir en terres fribourgeoises sous la Corne d’Aubert. La présence de ce marécage perché à cet endroit laisse songeur quant à l’hydrographie des lieux. Je suis scrupuleusement le tracé qui le traverse autant pour préserver la nature que pour conserver mes pieds au sec. Sitôt franchie la frontière le décor redevient plus chaleureux. Je me retrouve en sous bois dans une pente prononcée mais supportable. Je peux également mesurer le chemin qui me sépare de l’arrivée et je suis bien tenté de couper à travers Fessu Derrière mais la présence d’une zone marécageuse encore plus grande et l’incertitude sur le tracé font que je reste sur le chemin prévu. La traversée entre La Porsogne et La Verda me paraît interminable et c’est avec soulagement que je rejoins une route carrossable. Il me faudra encore un bon moment pour rejoindre le parking mais j’en profite pour admirer les Dents de Savigny et de Ruth en me disant que j’étais au somment de la première à midi. Ça me paraît incroyable tant la paroi est verticale et semble empêcher toute approche. J’ai un petit regret de ne pas avoir ramené une photo de la croix mais après tout, j’y retournerai !!!

Dernier regard sur les Morteys

Conclusion

Ce n’est clairement pas une sortie à mettre sous toutes les semelles. Arriver au pied de la Dent est un peu périlleux et le final est très exposé. Par contre, je conseille une balade jusqu’à La Gueyre car cela permet d’admirer la chaîne des Gastlosen sous un angle spectaculaire. La poursuite vers Fregima Devant avec retour par Le Pralet est du même niveau de facilité et donne accès à une vue sur Les Morteys qui vaut le détour.

Itinéraire

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